Réélu à la présidence de Le Mans Métropole le 9 avril 2026, Stéphane Le Foll ouvre une nouvelle mandature marquée par des enjeux forts : transition écologique, mobilité, attractivité économique et qualité des services publics. Pour les directions des ressources humaines des entreprises locales comme pour les services RH publics, la composition de l’exécutif métropolitain et la répartition des délégations donnent un cap politique qui aura des impacts concrets sur l’emploi, les compétences et l’organisation du travail sur le territoire.
Un exécutif reconduit pour stabiliser le cap métropolitain
En cumulant ses fonctions de maire du Mans et de président de Le Mans Métropole, Stéphane Le Foll confirme une ligne de continuité institutionnelle. Cette stabilité au sommet de la communauté urbaine s’inscrit dans un contexte national de forte pression sur les finances locales et sur les ressources humaines publiques, avec une hausse des coûts de l’énergie estimée entre 15 et 25 % pour de nombreuses collectivités depuis 2022, et une inflation salariale qui renchérit le coût des recrutements dans les métiers en tension.
Pour un DRH d’entreprise ou de collectivité, la reconduction d’un même président métropolitain signifie un cadre stratégique relativement lisible : les grandes priorités déjà entamées – mobilités, urbanisme, rénovation énergétique, dynamisation des pôles économiques – devraient être prolongées. Les vice-présidents et conseillers délégués, avec leurs portefeuilles respectifs, deviennent des interlocuteurs clés pour anticiper les besoins en compétences, les opportunités de formation et les projets de mutualisation.
Vice-présidences : des pôles structurants pour l’économie et l’emploi
Même si la composition détaillée de l’exécutif de 2026 n’est pas encore largement documentée publiquement, la structure habituelle des grandes agglomérations comme Le Mans Métropole s’organise autour de blocs politiques et techniques stables : économie et emploi, mobilités, urbanisme et habitat, transition écologique, services publics de proximité et culture/attractivité. Chacune de ces vice-présidences porte des politiques qui influencent directement les besoins RH des entreprises locales et des administrations.
Sur la précédente mandature, Le Mans Métropole s’est positionnée sur des axes structurants pour l’économie locale : développement du pôle automobile et sportif autour des 24 Heures, soutien au numérique et aux services, mise à niveau des infrastructures de transport et accompagnement des quartiers en renouvellement urbain. La réélection de Stéphane Le Foll laisse présager un renforcement de ces axes, avec un accent plus marqué sur la transition écologique et la gestion de la ressource en eau, dossier déjà sensible avec les travaux sur les barrages de l’Huisne, pilotés par la Métropole.
Un contexte RH tendu : attractivité, tensions de recrutement, transformation des métiers
À l’échelle nationale, près de 60 % des entreprises déclarent rencontrer des difficultés de recrutement, notamment dans l’industrie, le bâtiment, la logistique et les services à la personne. Le bassin d’emploi du Mans n’échappe pas à ces tensions. De nombreux indicateurs publiés par Pôle emploi et l’Insee ces dernières années font ressortir :
- Une forte demande dans les métiers industriels (maintenance, usinage, conduite de ligne),
- Des besoins récurrents en logistique et transport (préparateurs de commandes, conducteurs, exploitants),
- Une tension croissante sur les métiers du care (aide à domicile, santé, médico-social),
- Une concurrence accrue sur les profils numériques et d’ingénierie.
Pour les DRH, la politique métropolitaine en matière de transport, de logement, de qualité de vie et d’offre de formation professionnelle devient un levier déterminant pour attirer et fidéliser les talents. La nouvelle répartition des délégations au sein de Le Mans Métropole donnera la tonalité de la réponse politique à ces enjeux : priorité aux mobilités du quotidien, développement de l’apprentissage, soutien aux campus universitaires et aux CFA, ou encore coopération renforcée avec la Région Pays de la Loire sur la formation.
Mobilités et aménagement : des arbitrages qui pèsent sur les RH
Dans une métropole de la taille du Mans (environ 210 000 habitants pour l’aire urbaine), la vice-présidence aux mobilités – généralement en charge du réseau de transports urbains, des parcs-relais et de la voirie structurante – joue un rôle stratégique pour les employeurs. Un allongement ou une amélioration des lignes de bus, de tram ou des dessertes périurbaines peut, à lui seul, agrandir le vivier de recrutement de certaines entreprises industrielles situées en périphérie.
Les projets de modernisation du réseau de tramway, les réflexions sur la sobriété énergétique du parc de bus ou encore la sécurisation des déplacements domicile-travail à vélo font déjà partie du paysage des politiques locales. Bien que les décisions des prochaines années dépendent des arbitrages de l’exécutif réélu, un fil conducteur se dessine dans la plupart des métropoles : réduction des émissions, renforcement des transports collectifs et apaisement de la circulation automobile. Pour un DRH, ces évolutions impliquent de revoir les politiques de mobilité interne, les dispositifs de télétravail et les aides au déplacement.
Transition écologique et infrastructures : de nouveaux besoins de compétences
Le chantier engagé par Le Mans Métropole sur les barrages de l’Huisne, évoqué par la presse régionale en 2025, illustre le poids croissant des infrastructures hydrauliques et de la gestion de l’eau dans les politiques locales. Aux travaux de modernisation des ouvrages s’ajoute la pression du changement climatique, avec une augmentation de la fréquence des épisodes de sécheresse et de fortes pluies. Les vice-présidents en charge de l’eau, de l’assainissement, de l’environnement et des grands projets vont devoir piloter des investissements lourds, souvent pluriannuels.
Ces projets exigent une montée en compétence dans plusieurs familles de métiers : ingénierie de l’eau, maintenance industrielle, pilotage de chantier, gestion de données environnementales. Pour les DRH des entreprises de travaux publics, de conseil, d’ingénierie ou de services publics industriels (eau, assainissement, énergie), ces orientations métropolitaines constituent un signal clair de demande accrue de profils techniques et de compétences en transition écologique sur le territoire.
Politiques d’emploi, inclusion et formation : un agenda à suivre de près
Au-delà des infrastructures, la nouvelle mandature de Le Mans Métropole devra composer avec des attentes fortes en matière de cohésion sociale et de lutte contre le chômage de longue durée. Les politiques d’insertion, d’emploi des jeunes et de soutien aux quartiers prioritaires reposent souvent sur des coopérations fines entre la Métropole, l’État (via la préfecture et les dispositifs type France Travail), la Région et les partenaires sociaux.
Pour les DRH, plusieurs axes seront particulièrement scrutés :
- La dynamique des Clauses sociales dans les marchés publics métropolitains (insertion par l’activité économique, emploi de publics éloignés de l’emploi),
- Les partenariats avec les organismes de formation, universités et CFA pour adapter l’offre de formation aux besoins des entreprises locales,
- Les dispositifs d’accompagnement des mobilités professionnelles, notamment pour les secteurs en reconversion ou confrontés à des fermetures de sites,
- Les engagements de la Métropole sur l’égalité femmes-hommes et la diversité, sujets de plus en plus intégrés dans les politiques publiques locales.
La manière dont les vice-présidences en charge de l’économie, de l’emploi et de la politique de la ville articuleront ces politiques sera décisive pour la qualité du dialogue avec les entreprises et leurs services RH.
Finances locales et masse salariale publique : une pression croissante
Comme toutes les intercommunalités, Le Mans Métropole doit composer avec une équation budgétaire plus contrainte : hausse des charges de fonctionnement, progression de la masse salariale, investissements nécessaires pour la transition énergétique et l’adaptation climatique. La Cour des comptes relevait déjà pour les collectivités françaises, dans ses rapports récents, une progression régulière des dépenses de personnel, liée notamment aux mesures nationales (revalorisation du point d’indice, évolution des grilles, primes).
Pour la direction des ressources humaines de la Métropole et des communes membres, cela se traduit par :
- Un besoin de prioriser les recrutements sur les fonctions critiques (eau, déchets, voirie, systèmes d’information, social),
- Une recherche accrue d’optimisation des effectifs via la mutualisation intercommunale,
- Le développement de politiques de formation interne pour compenser la rareté de certains profils sur le marché,
- Une réflexion sur l’attractivité employeur face à la concurrence du secteur privé.
Les vice-présidences en charge des finances, des ressources humaines (le cas échéant) et de l’organisation interne auront un rôle central pour préserver la qualité du service public tout en maîtrisant la trajectoire budgétaire. Les DRH des autres organisations publiques du territoire – hôpitaux, établissements médico-sociaux, université, bailleurs sociaux – devront tenir compte de cette concurrence et de ces contraintes lorsqu’ils élaboreront leurs propres stratégies RH.
Quel impact pour les DRH des entreprises du Mans et de la Sarthe ?
Au-delà de la vie institutionnelle, la reconduction de Stéphane Le Foll à la tête de Le Mans Métropole a des effets indirects mais bien réels pour les DRH :
- Visibilité accrue sur les grands projets d’aménagement (zones d’activités, mobilité, rénovation urbaine) et donc sur les futurs bassins d’emploi locaux,
- Clarification progressive des priorités de formation et d’insertion, utiles pour structurer les politiques d’alternance et de recrutement,
- Possibilité de développer des partenariats RH territoriaux (groupements d’employeurs, plateformes de mobilité, actions communes de marque employeur),
- Cadre de dialogue plus stable avec les réseaux d’entreprises, les chambres consulaires et les acteurs de l’emploi.
Dans ce contexte, les directions des ressources humaines ont tout intérêt à :
- Suivre de près les comptes rendus des conseils communautaires, notamment lors de la présentation des grandes orientations budgétaires et des schémas de mobilité et d’urbanisme,
- Participer, via leurs organisations professionnelles, aux concertations menées par la Métropole (plans climat, mobilité, emploi, inclusion),
- Identifier les vice-présidents et élus délégués pertinents comme interlocuteurs sur les sujets d’emploi, de formation, de mobilité et de logement des salariés.
Perspectives pour la mandature : coopérations à construire autour du capital humain
La nouvelle mandature de Le Mans Métropole, avec Stéphane Le Foll confirmé à sa présidence et une équipe de vice-présidents structurée autour des grands enjeux de transition, ouvre une fenêtre de quatre à six ans pour bâtir des coopérations territoriales solides autour de l’emploi et des compétences. Alors que les entreprises locales font face à une transformation rapide de leurs métiers, à la digitalisation des process et aux exigences de sobriété carbone, la capacité de la Métropole à articuler politiques économiques, urbanisme, mobilités, formation et innovation sociale sera déterminante.
Pour les DRH du territoire, l’enjeu sera de ne pas rester spectateurs : en s’appropriant la nouvelle organisation politique métropolitaine, en identifiant les bonnes portes d’entrée et en s’engageant dans les chantiers collectifs, ils pourront faire de cette mandature un levier d’attractivité et de sécurisation des parcours professionnels au bénéfice des entreprises comme des salariés.
