Le recrutement de cadres en Nouvelle-Aquitaine a connu un net rebond en 2025, avec 13 820 embauches, soit une hausse de 7 % par rapport à 2024, selon la dernière étude annuelle de l’Apec. Dans un contexte national en léger recul, la région fait figure d’exception et confirme son attractivité pour les profils hautement qualifiés. Pour les directions des ressources humaines, cette dynamique ouvre des opportunités, mais renforce aussi les tensions de recrutement, la concurrence entre employeurs et les enjeux de marque employeur.
Un marché cadre régional en rattrapage mais toujours sous le niveau record
La Nouvelle-Aquitaine compte désormais près de 217 450 cadres en emploi, dont 45 % concentrés en Gironde, selon les données relayées par l’Apec. Le bond de 7 % des embauches intervient après une forte contraction en 2024, estimée à -12 %. Les analystes de l’association parlent davantage de mouvement de rattrapage que d’accélération durable.
En effet, malgré cette reprise, le volume de recrutements de cadres en Nouvelle-Aquitaine reste encore environ 6 % en dessous du pic enregistré en 2023, année jugée exceptionnelle pour l’emploi cadre. Cette perspective est essentielle pour les DRH : le marché repart, mais le rythme n’est pas celui des années de surchauffe, ce qui incite à ajuster finement les plans d’embauche et de mobilité interne.
Autre indicateur clé pour les responsables RH : la région a enregistré en 2025 près de 4 060 créations nettes de postes cadres, en progression d’environ 15 % par rapport à 2024 (3 540). Autrement dit, il ne s’agit pas uniquement de remplacements, mais bien d’une dynamique de création de valeur et de nouveaux besoins en compétences.
Des services à forte valeur ajoutée au cœur de la demande
Le recrutement cadre en Nouvelle-Aquitaine est tiré par les services à forte valeur ajoutée. L’Apec relève que 39 % des cadres en poste dans la région travaillent dans l’informatique, l’ingénierie, la R&D ou le conseil. Parallèlement, la région se distingue par un poids industriel supérieur à la moyenne nationale : 19 % des cadres néo-aquitains exercent dans l’industrie, contre environ 16 % en France.
Concernant les embauches de 2025, la répartition sectorielle illustre cette diversité :
- 21 % des recrutements concernent l’exploitation tertiaire (santé et action sociale, culture, banque, assurance, immobilier, transports) ;
- 18 % portent sur les fonctions commerciales et marketing ;
- 13 % touchent la production industrielle ;
- 11 % sont liés aux métiers de l’informatique.
Pour un DRH, ces chiffres confirment que les besoins ne se limitent pas aux profils numériques. Les fonctions commerciales, financières, industrielles et tertiaires spécialisées restent au cœur des recrutements, notamment dans les PME et ETI régionales. Le top des familles de métiers publiant le plus d’offres de postes cadres en ce début 2026 inclut la comptabilité, le développement informatique, la gestion administrative et financière, ainsi que l’audit et l’expertise comptable, selon les analyses régionales de l’Apec.
Une région dynamique dans un contexte national plus prudent
Si le recrutement de cadres en Nouvelle-Aquitaine repart, le contexte global demeure contrasté. Au niveau national, l’Apec a observé un repli d’environ 3 % des recrutements de cadres en 2025. En parallèle, l’enquête Besoins en Main-d’Œuvre (BMO) 2025 de France Travail pour la Nouvelle-Aquitaine recense 269 400 projets de recrutement tous profils confondus, en baisse de 14 % sur un an, un recul légèrement supérieur à la moyenne nationale.
Pour les DRH, cette divergence est structurante : le segment cadre se montre plus résilient que d’autres catégories d’emplois, mais il évolue dans un environnement où de nombreuses entreprises ralentissent ou réorientent leurs intentions d’embauche. Les secteurs de la construction, par exemple, enregistrent un recul d’environ 23 % de leurs projets de recrutement régionaux, ce qui peut peser sur certains métiers supports ou d’encadrement intermédiaire.
Les prévisions de l’Apec pour 2026 vont dans le sens d’une stabilisation du marché cadre régional. Les entreprises interrogées anticipent une évolution globale de 0 % des embauches de cadres en Nouvelle-Aquitaine, alors qu’une hausse de 4 % est attendue au niveau national. Cette prudence renvoie aux incertitudes conjoncturelles, notamment géopolitiques, qui pèsent sur les décisions d’investissement et de développement.
Tensions de recrutement : un défi croissant pour les DRH
La reprise du recrutement cadre en Nouvelle-Aquitaine se traduit concrètement par des difficultés de sourcing et des tensions sur certains profils. Les études régionales de l’Apec montrent que les employeurs peinent particulièrement à attirer des cadres dans l’IT, la finance, la comptabilité, ainsi que dans certains métiers d’ingénierie industrielle.
Les directions des ressources humaines citent plusieurs facteurs : inadéquation entre les compétences recherchées et l’offre disponible, forte concurrence entre entreprises sur les mêmes profils, et exigences accrues des candidats en matière de rémunération et de conditions de travail. Une part significative des projets d’embauche déclarés dans la région est ainsi jugée « difficile » par les recruteurs, en particulier dans les services aux entreprises et certaines activités industrielles.
Pour les DRH, cette situation impose de repenser les stratégies de recrutement : travail plus fin sur la définition de poste, ouverture à des profils en reconversion, appui sur la formation continue et la montée en compétences internes, mais aussi coopération renforcée avec les acteurs publics et parapublics de l’emploi.
Marque employeur et attractivité : les nouvelles priorités
Dans ce contexte de tension, la marque employeur devient un levier central. Les enquêtes récentes de l’Apec indiquent que près de 4 cadres sur 10 en France envisagent de changer d’entreprise dans les 12 prochains mois, et que près de la moitié ne répondent plus à une offre qui ne mentionne pas clairement la rémunération proposée.
Pour les recruteurs néo-aquitains, ces tendances se traduisent par plusieurs impératifs :
- assurer une transparence salariale minimale dans les annonces ;
- mettre en avant les politiques de télétravail, flexibilité et équilibre vie pro/vie perso ;
- valoriser les engagements RSE, l’impact territorial et la qualité du management ;
- soigner l’expérience candidat : réactivité, feedbacks, process de recrutement lisibles.
Pour approfondir ces enjeux, les DRH peuvent s’appuyer sur les analyses proposées par l’Apec dans ses publications régionales (prévisions de recrutement de cadres en Nouvelle-Aquitaine) ainsi que sur les travaux de l’Observatoire régional de l’emploi. Ces ressources permettent d’affiner les diagnostics par territoire, par branche et par taille d’entreprise.
Un rôle renforcé des acteurs territoriaux de l’emploi cadre
Face à la recomposition du marché, l’Apec en Nouvelle-Aquitaine renforce son maillage territorial et ses services aux entreprises. Elle propose aux DRH un accompagnement ciblé : diagnostics de pratiques de recrutement, appui au sourcing, diffusion d’offres, ateliers sur la marque employeur et l’attractivité.
Des partenariats ont par ailleurs été développés avec la Région Nouvelle-Aquitaine et les acteurs de la formation pour anticiper les besoins en compétences cadres, notamment dans les filières stratégiques (numérique, transition énergétique, santé, agroalimentaire, aéronautique, etc.). Pour les entreprises de taille intermédiaire et les PME, ces dispositifs peuvent constituer un relais précieux pour sécuriser leurs plans de recrutement et de fidélisation.
De leur côté, France Travail et l’Observatoire régional de l’emploi publient régulièrement des notes de conjoncture et des analyses sectorielles, utiles pour éclairer les décisions RH : évolution des projets de recrutement, métiers en tension, disparités départementales. Ces données peuvent être consultées sur le site de l’Observatoire emploi Nouvelle-Aquitaine ou via les publications conjointes avec les services de l’État.
Perspectives 2026 : consolider, cibler, fidéliser
À court terme, les signaux renvoyés par l’Apec convergent : le recrutement de cadres en Nouvelle-Aquitaine devrait se stabiliser en 2026, après le rebond de 2025. Pour les directions des ressources humaines, l’enjeu n’est plus seulement de recruter, mais de prioriser les profils stratégiques et de sécuriser les compétences clés dans la durée.
Dans un environnement où la concurrence sur les talents s’intensifie, les DRH de la région ont tout intérêt à :
- articuler davantage recrutement externe, mobilité interne et formation ;
- développer des parcours attractifs pour les jeunes cadres et les profils en reconversion ;
- investir dans des outils de pilotage RH s’appuyant sur les données régionales disponibles ;
- travailler en réseau avec les acteurs institutionnels et les organisations professionnelles.
Le rebond des recrutements de cadres en Nouvelle-Aquitaine confirme l’attractivité économique du territoire, mais il impose aussi une montée en gamme des pratiques RH. Entre rattrapage post-crise, tensions persistantes sur certains métiers et exigences nouvelles des candidats, la fonction RH devient un levier stratégique central pour la compétitivité des entreprises régionales.
