Ziegler Saint-Martin-des-Entrées est au cœur d’une inquiétude locale depuis le début de 2026 : le site situé à proximité de Bayeux, qui emploie environ 100 salariés, fait l’objet d’un net ralentissement d’activité et d’un manque d’informations sur son avenir. Les équipes locales évoquent une diminution des flux, des camions roulants « presque à vide » et une pression commerciale accrue depuis l’été 2025.
Contexte et origine des tensions
Le groupe belge Ziegler, acteur historique du transport et logistique en Europe, a déployé ces dernières années une stratégie d’expansion en France, avec de nouveaux entrepôts et agences. Le site de Saint-Martin-des-Entrées, près de Bayeux, a été inauguré récemment dans un bâtiment moderne d’environ 10 000 m². Pourtant, depuis la fin 2025 et au début de 2026, plusieurs agences françaises rapportent des signes de fragilité commerciale et financière : perte partielle de contrats, baisse des volumes et tensions sur la trésorerie.
Chiffres clés et repères locaux
- Effectif approximatif sur le site : 100 salariés.
- Taille du bâtiment : ~10 000 m² (site de Bayeux).
- Période d’alerte : ralentissement observé depuis l’été 2025, amplifié début 2026.
- Impact régional : signalements similaires dans plusieurs agences du Grand Ouest.
Réactions des salariés et gouvernance locale
Les salariés du site de Saint-Martin-des-Entrées ont demandé des explications lors d’un comité d’entreprise tenu début février 2026. Selon des témoignages locaux, la direction locale a été critiquée pour son manque de communication, et des remaniements de responsabilité ont eu lieu récemment. L’incertitude pèse sur le moral des équipes et suscite la mobilisation autour d’une demande d’information claire sur les perspectives d’emploi.
Processus internes et calendrier
À ce stade, aucune procédure collective (sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation) n’a été officiellement annoncée pour le groupe Ziegler en France. Les représentants du personnel réclament des engagements écrits et des éléments chiffrés sur les volumes à venir et les contrats en cours. Dans l’immédiat, la situation se traduit par une sous-activité locale et des inquiétudes sur une éventuelle réduction d’effectif.
Impacts opérationnels et commerciaux
Pour les clients de la région, la dégradation de l’activité sur le site de Bayeux entraîne un risque de désorganisation des chaînes logistiques : retards potentiels, modification des rotations de véhicules et recours accru à des prestataires locaux. Plusieurs salariés interrogés évoquent des camions qui rentrent à vide et un manque de marchandise à dispatcher, signes d’une décroissance temporaire ou structurelle du portefeuille clients.
Conséquences sur le réseau régional
Le scénario d’un site en difficulté a des répercussions sur d’autres agences : mutualisation d’équipes, transferts de flux vers des plateformes voisines, et pression sur les coûts. Le contraste est notable entre les projets d’investissement annoncés en 2024–2025 (nouvelles implantations, entrepôts) et la situation opérationnelle constatée depuis l’automne 2025.
Scénarios possibles et enjeux pour l’emploi
Trois scénarios principaux structurent aujourd’hui les discussions locales :
- Stabilisation : la direction obtient de nouveaux contrats ou réalloue des volumes, le site retrouve une activité normale et les 100 salariés conservent leur emploi.
- Réduction d’activité contrôlée : réduction des heures, départs naturels, reclassements partiels au sein du groupe ou d’agences proches.
- Procédure collective : en dernier ressort, l’ouverture d’une procédure financière pourrait conduire à une restructuration plus lourde, avec risque de suppressions d’emploi.
Chaque scénario a des implications financières, sociales et logistiques distinctes. Les acteurs locaux — collectivités, clients et syndicats — scrutent les décisions de la maison mère et cherchent à définir des mesures d’accompagnement le cas échéant.
Rôle des acteurs publics et des partenaires
Les collectivités du territoire peuvent jouer un rôle d’interface entre la direction et les salariés, en proposant des dispositifs d’appui pour l’emploi (cellules de reclassement, formation, aide à la mobilité). Les chambres consulaires et les services de l’État restent mobilisables si une procédure collective apparaissait : en France, l’ouverture d’une telle procédure déclenche des obligations d’information et des possibilités d’aide aux projets de reprise.
Exemples d’interventions possibles
- Cellule de maintien et reclassement pour les salariés concernés.
- Appels à candidatures pour repreneurs locaux ou investisseur industriel.
- Mesures de soutien temporaire aux sous-traitants impactés par la baisse d’activité.
Contexte national et position du secteur
La filière transport et logistique connaît depuis 2023–2024 des cycles de tension : hausse des coûts (carburant, salaires), mutations commerciales (e‑commerce) et rééquilibrage des réseaux. Certains acteurs ont choisi d’investir dans de grandes plateformes, tandis que d’autres subissent des contractions de volumes. La situation de Ziegler s’inscrit dans cette dynamique complexe où investissement et optimisation ne garantissent pas l’absence de tensions opérationnelles.
Sources et vérifications
Cette synthèse s’appuie sur des éléments publiés dans la presse régionale et des reportages locaux depuis la fin janvier 2026. Pour approfondir :
- article Actu.fr sur la crise Ziegler, qui décrit l’inquiétude des salariés locaux.
- reportage Radio VFM sur l’inquiétude des salariés, avec témoignages et contexte local.
- publication Ziegler France sur l’inauguration du site, qui présentait le projet logistique.
Ce que les acteurs du transport et de la logistique doivent retenir
Pour les professionnels du secteur, la situation de Ziegler Saint-Martin-des-Entrées illustre trois enseignements :
- Importance d’une visibilité commerciale stable : des entrepôts neufs ne suffisent pas si les flux clients se réduisent.
- Nécessité d’une communication transparente entre direction, clients et salariés pour limiter l’impact social.
- Risque systémique régional : la défaillance d’une plate-forme peut peser sur les chaînes locales de sous-traitance.
Recommandations opérationnelles rapides
Les responsables d’autres sites et clients devraient : formaliser des plans de continuité, vérifier l’état des contrats et anticiper des solutions alternatives (mutualisation de flux, recours à d’autres prestataires). Les syndicats et élus locaux doivent, eux, chercher à obtenir des assurances chiffrées de la part de la direction et préparer des dispositifs d’accompagnement pour les salariés.
À suivre de près
Les prochaines semaines seront décisives : la direction doit clarifier les engagements commerciaux et financiers ; les représentants du personnel attendent des réponses précises sur le maintien ou non des activités. Si la situation évolue vers une stabilisation, le site de Bayeux peut retrouver son rôle dans le maillage régional. À l’inverse, une détérioration prolongée pourrait nécessiter l’intervention des autorités et l’ouverture de solutions de reprise ou de reclassement.
Points de vigilance
- Publication d’un communiqué officiel du groupe Ziegler sur la situation en France.
- Convocation d’un prochain comité d’entreprise avec éléments financiers.
- Évolution des volumes clients sur les 30 à 90 prochains jours.
Pour le territoire, l’enjeu est double : préserver l’emploi local et maintenir la résilience des réseaux logistiques. Les acteurs régionaux — clients, élus et partenaires sociaux — resteront mobilisés pour obtenir des garanties et limiter l’impact sur l’économie du Bessin.
