LOUIS DUPONT

Porté par ladéfense, Thales prévoit près de 300 recrutements en Bretagne en 2026

Publié le 12/02/2026
Façade d'un site industriel Thales en Bretagne, parvis animé avec employés et apprentis arrivant au travail

Thales recrute Bretagne 2026 : le groupe annonce un plan d’embauche important sur la région pour 2026, visant près de 300 recrutements en Bretagne. Porté par une hausse d’activité dans la défense et la montée en charge industrielle, ce mouvement concerne à la fois des profils techniques, des postes d’ingénierie et un renfort d’apprentis et de stagiaires. Pour un DRH régional, cette annonce pose des questions concrètes sur le sourcing, la formation et l’intégration des talents.

Le contexte national et les chiffres clés

Thales a présenté pour 2026 un plan de recrutement massif à l’échelle du groupe. Au niveau national, le chiffre communiqué est d’environ 3 300 recrutements en France sur plus de 9 000 recrutements dans le monde. En Bretagne, la presse locale a repris une estimation proche de 290 recrutements pour l’année 2026, concentrés sur des sites industriels et d’ingénierie (notamment Brest et Étrelles). Ces recrutements répondent à une double logique : montée en charge liée à des contrats défense et renouvellement des effectifs (retraites et turnover).

Quels profils sont recherchés ?

Le plan régional cible plusieurs familles de métiers. Les besoins identifiés sont :

  • Ingénierie : logiciels embarqués, cybersécurité, systèmes numériques et développement algorithmique ;
  • Production industrielle : techniciens, opérateurs, soudeurs, monteurs et personnel de la chaîne d’assemblage ;
  • Qualité & supply chain : contrôleurs qualité, techniciens planification et approvisionnement ;
  • Apprentis et stagiaires : fort effort sur l’accueil de jeunes en alternance et en stages pour accélérer la montée en compétence ;
  • Fonctions support : RH, maintenance, cybersécurité opérationnelle et services clients.

En complément des embauches externes, Thales prévoit d’augmenter l’accueil d’apprentis et de stagiaires (chiffres nationaux annoncés : environ 1 600 apprentis et 1 700 stagiaires en France pour 2026) ainsi que des mobilités internes pour ajuster rapidement les compétences aux besoins.

Focus sites : Brest et Étrelles

Les implantations bretonnes jouent un rôle stratégique : Brest est historiquement orienté vers les systèmes maritimes, les sonars et la guerre électronique ; Étrelles est un site majeur pour la production électronique et les sous-systèmes embarqués. L’effort de recrutement en 2026 vise à soutenir :

  • la montée en cadence de séries industrielles,
  • le développement de compétences en cybersécurité et en ingénierie logicielle embarquée,
  • le renforcement des équipes de maintenance et de qualification.

Pour les DRH locaux, cela signifie préparer des parcours de formation rapide, renforcer les partenariats avec les centres de formation locaux (CFA, lycées professionnels, universités) et structurer des filières d’intégration adaptées aux métiers industriels.

Répercussions RH : défis et leviers pour un DRH régional

La perspective d’une centaine de recrutements sur un même bassin oblige les équipes RH à mobiliser des moyens spécifiques. Les principaux défis sont :

  • Sourcing : capter des profils rares (ingénieurs embarqués, techniciens qualifiés, experts cybersécurité) dans un contexte de concurrence sectorielle ;
  • Formation : réduire le délai d’employabilité opérationnelle par des parcours d’intégration, des modules techniques et des tutorats ;
  • Onboarding : industrialiser l’intégration pour un volume élevé de nouvelles recrues (processus d’accueil, parcours RH, sécurité industrielle) ;
  • Rétention : déployer des leviers de fidélisation (parcours carrières, mobilité interne, dispositifs de reconnaissance) pour limiter le turnover.

Les DRH doivent calibrer les outils : sourcing digital (campagnes sur jobboards spécialisés, social recruiting), partenariats campus et CFA, mais aussi démarches de reconversion locale pour pourvoir des métiers industriels souvent difficiles à recruter.

Sourcing et attractivité

Le volume d’annonce génère une forte concurrence. Dans ce contexte, les équipes RH doivent : définir des propositions de valeur territoriales (qualité de vie en Bretagne, projets technologiques), valoriser la dimension souveraineté/défense des missions, et centraliser les données candidatures via un ATS robuste. Les DRH gagneront à prioriser des campagnes ciblées pour les métiers les plus critiques (ingénieurs-systèmes, techniciens-électronique).

Formation, apprentissage et montée en compétences

Un volet central du plan est la formation. Thales mettra l’accent sur l’apprentissage : l’accueil d’un nombre significatif d’apprentis permet de construire une réserve de compétences locales. Les DRH régionaux devront négocier des parcours hybrides (alternance, modules courts, formation interne) et anticiper la transformation des métiers (numérisation, automatisation).

Intégration et mobilité interne

L’expérience d’intégration doit être industrialisée : parcours d’accueil, binômes métiers, et formations initiales standardisées. Par ailleurs, la mobilisation de la mobilité interne (plusieurs milliers de mouvements annoncés au national) aide à absorber des pics d’activité sans recourir uniquement au recrutement externe.

Impacts économiques et territoriaux

Au-delà des postes directs, l’effort de Thales entraîne des retombées sur les sous-traitants, équipements locaux et services. Des dizaines d’emplois indirects peuvent être créés sur les chaînes logistiques locales (fournisseurs électroniques, chaudronnerie, services). Pour les collectivités, il s’agit d’un levier de développement économique et d’attractivité territoriale, à condition d’aligner les politiques de formation et d’emploi sur les besoins industriels.

Risques et points d’attention pour les DRH

Plusieurs risques doivent être pris en compte :

  • la disponibilité des profils qualifiés localement ;
  • la capacité d’accueil et de formation des sites ;
  • les délais d’habilitation ou de sécurité spécifiques aux activités de défense ;
  • la gestion des pics de recrutements sur des cycles courts.

Les DRH devront aussi coordonner les aspects réglementaires et de sécurité : parcours d’habilitation, contrôle des antécédents, et synchronisation avec les donneurs d’ordre publics pour respecter les contraintes de la chaîne industrielle de défense.

Ressources et pistes opérationnelles

Pour opérationnaliser un tel plan localement, plusieurs leviers concrets sont recommandés :

  1. renforcer les partenariats avec les CFA/lycées pro et universités pour alimenter les filières techniques ;
  2. lancer des campagnes de recrutement massives coordonnées (job-dating, journées techniques, forums emploi) ;
  3. mettre en place des parcours accélérés d’intégration technique et comportementale ;
  4. utiliser les dispositifs d’aide au recrutement (exonérations, aides locales) et co-construire des formations avec les partenaires publics.

Un exemple pratique : structurer un partenariat territorial avec un CFA pour offrir 30 à 50 apprentissages par an sur des métiers critiques, couplé à des dispositifs de tutorat interne pour maximiser le taux de conversion en CDI.

Sources et lecture complémentaire

Pour suivre de près l’évolution locale et les détails de l’annonce, voir notamment l’article du Télégramme sur les recrutements en Bretagne. Les DRH trouveront utile d’agréger ces informations avec les publications nationales sur les effectifs 2026 pour calibrer leurs actions.

Perspectives pour les territoires bretons

La dynamique de 2026 représente une opportunité : augmenter l’employabilité locale, densifier les compétences industrielles et technologiques, et renforcer l’écosystème d’entreprises de défense en Bretagne. Pour les DRH, il s’agit d’articuler court terme (sourcing massif, intégration) et moyen terme (formation, rétention, mobilité), afin de transformer cette phase de recrutement en un gain durable pour le territoire.

Pour aller plus loin

Les directions RH régionales peuvent déjà prioriser les actions suivantes : lancer un plan de sourcing ciblé pour les métiers critiques, sécuriser des parcours d’apprentissages avec des partenaires locaux, et élaborer des indicateurs de performance RH (temps de recrutement, taux de transformation apprentis→CDI, taux de rétention à 12 mois). Ces éléments permettront d’absorber la montée en charge et d’optimiser l’impact local des recrutements.