LOUIS DUPONT

Cotentin : Sarensdécarbone ses grues pour les chantiers industriels du futur

Publié le 24/04/2026
Grue Sarens décarbonée sur le chantier portuaire du Cotentin, opérateurs en tenue de sécurité

Dans le Cotentin, au cœur d’un territoire porté par les chantiers nucléaires et les énergies marines, le spécialiste du levage de charge lourde Sarens engage la décarbonation de ses grues. Pour les industriels locaux – nucléaire, naval, BTP, éolien offshore – cette évolution dépasse la simple modernisation d’un parc matériel : elle conditionne la capacité à livrer des projets dans les délais, à limiter l’empreinte carbone des chantiers et à répondre aux exigences croissantes des donneurs d’ordre publics et privés.

Un acteur clé du levage lourd en Normandie

Présent en France depuis plusieurs décennies, Sarens s’est imposé comme un acteur de référence dans le levage lourd, la manutention complexe et le transport exceptionnel. La filiale française, qui dispose de près de 1 700 grues de 5 à 120 000 t/m et de moyens de transport allant jusqu’à 15 000 tonnes, intervient régulièrement sur les grands chantiers d’infrastructures et de l’énergie. En Normandie, l’entreprise est particulièrement active sur les sites industriels stratégiques de Flamanville, de La Hague et dans les ports régionaux.

Dans le Cotentin, ces capacités de levage sont sollicitées pour des opérations à forte criticité : manutention d’équipements nucléaires, montage de structures métalliques de grande dimension, logistique de composants pour l’éolien et les grands travaux publics. La montée en puissance des projets – EPR de Flamanville, programme Aval du futur d’Orano, opérations portuaires à Cherbourg – entraîne une demande soutenue pour des grues fortes capacités, mais aussi désormais pour des solutions de levage bas carbone.

Pourquoi décarboner des grues de levage dans le Cotentin ?

Pour un Directeur Industrie ou Usine implanté en Normandie, les grues ne sont pas seulement un poste de location ou d’investissement : ce sont aussi des émetteurs directs de CO2 sur site. Une grue mobile diesel de forte capacité peut consommer plusieurs dizaines de litres de carburant par heure, avec un impact significatif sur le bilan carbone d’un chantier de plusieurs mois.

Dans un contexte où les maîtres d’ouvrage publics et les grands groupes industriels intègrent des clauses environnementales dans leurs appels d’offres, la capacité d’un prestataire comme Sarens à proposer des grues décarbonées devient un avantage concurrentiel. Elle permet :

  • de réduire les émissions directes de CO2 sur les chantiers sensibles (nucléaire, chimie, portuaire),
  • d’anticiper l’évolution réglementaire sur les engins non routiers et les carburants fossiles,
  • d’améliorer l’acceptabilité locale des projets industriels, souvent mis en débat sur le terrain environnemental,
  • et de sécuriser à moyen terme les coûts d’exploitation face à la volatilité des prix des carburants.

Au niveau régional, les travaux du CESER Normandie sur la fret et la décarbonation des transports en Normandie soulignent l’importance de traiter en priorité les émissions liées aux activités logistiques et de manutention. Pour un territoire industriel comme le Cotentin, où convergent flux nucléaires, portuaires et éoliens, la décarbonation du levage s’inscrit pleinement dans cette feuille de route.

Les solutions techniques déployées par Sarens pour décarboner ses grues

La stratégie de décarbonation des grues Sarens dans le Cotentin s’appuie sur des technologies déjà éprouvées sur d’autres sites européens. Le groupe a investi ces dernières années dans plusieurs briques techniques complémentaires, progressivement déployées en France.

E-Pack : électrifier les grues télescopiques

L’une des innovations majeures est l’E-Pack, un système de motorisation électrique pour les grues télescopiques. Concrètement, au lieu de faire tourner un moteur diesel pour alimenter les fonctions de levage, l’E-Pack permet de se connecter au réseau électrique du site ou à une alimentation temporaire. Le moteur électrique entraîne alors les systèmes hydrauliques de la grue.

Selon les données communiquées par le groupe, ce dispositif permet :

  • de supprimer les émissions directes de CO2 et de NOx pendant les cycles de levage alimentés en électricité,
  • de réduire fortement le bruit sur site, un point sensible sur les zones habitées ou hospitalières,
  • de récupérer de l’énergie et de la réinjecter sur le réseau pendant certaines phases de fonctionnement.

Pour les industriels du Cotentin, notamment sur les sites clos et fortement équipés en électricité – centrales, usines, ateliers portuaires – cette solution permet d’intégrer le levage lourd dans une démarche globale de site bas carbone sans modifier en profondeur l’organisation des opérations.

Grues électriques et hybrides : réduire jusqu’à 90 % la consommation de carburant

Parallèlement, Sarens a étoffé sa flotte en grues électriques et hybrides, notamment via des grues mobiles à tour fonctionnant en grande partie sur batterie. D’après des retours d’expérience publiés par le groupe, certaines de ces grues opèrent environ 63 % du temps en mode électrique et 37 % en mode hybride, pour une réduction de 90 % de la consommation de carburant par rapport à une grue mobile conventionnelle de capacité équivalente.

Sur des chantiers de longue durée, ces chiffres se traduisent par :

  • des économies de carburant significatives sur plusieurs mois de fonctionnement,
  • une baisse substantielle des émissions de CO2 par tonne levée, indicateur de plus en plus demandé dans les reporting RSE,
  • une diminution de la logistique associée au ravitaillement en carburant sur site.

Pour un donneur d’ordre industriel, cette capacité à quantifier le gain carbone associé au choix d’une grue décarbonée devient un argument clé dans les négociations, en particulier lorsque le projet bénéficie de financements publics ou s’inscrit dans un cadre réglementé (nucléaire civil, énergies renouvelables).

Carburants alternatifs et huiles biodégradables

La décarbonation des grues ne repose pas uniquement sur l’électrification. Là où l’usage du tout électrique n’est pas encore possible pour des raisons techniques ou d’infrastructures, Sarens déploie des solutions de transition :

  • recours à des biocarburants de type HVO (huile végétale hydrotraitée), immédiatement utilisables dans certains moteurs sans modification lourde,
  • remplacement progressif des huiles hydrauliques classiques par des formulations biodégradables, en particulier sur la flotte maritime et les barges,
  • renouvellement de la flotte de camions avec des véhicules conformes aux dernières normes Euro 6, limitant les émissions sur les opérations de transport exceptionnel.

Au port d’Anvers, ces initiatives ont valu à l’entreprise une distinction pour sa contribution à la transition énergétique du port, notamment via le déploiement de grues électriques et hybrides. Cette reconnaissance européenne renforce la crédibilité des solutions aujourd’hui mises en œuvre dans le Cotentin et plus largement en Normandie.

Un alignement avec les stratégies de décarbonation du territoire normand

La démarche de décarbonation des grues Sarens intervient dans un contexte où les politiques publiques accélèrent sur le sujet. Au niveau national, la France vise la neutralité carbone d’ici 2050, avec un effort particulier sur les secteurs difficiles à décarboner comme l’industrie lourde, la logistique et le transport. La vallée de la Seine, du Havre à Paris, est identifiée comme l’un des grands corridors de décarbonation industrielle, avec des actions sur les ports, les plateformes logistiques et les sites pétrochimiques.

En Normandie, plusieurs rapports et feuilles de route – dont le document du CESER sur le fret – insistent sur la nécessité d’attaquer en priorité les postes les plus émetteurs dans les chaînes de valeur : transport routier, manutention portuaire, engins de chantier. Les chantiers du Cotentin, considérés comme le « poumon industriel » de la Manche avec plusieurs milliers d’emplois directs et indirects, sont naturellement concernés.

Pour un industriel implanté sur le territoire, l’enjeu n’est plus uniquement de maîtriser ses émissions propres, mais aussi celles de ses prestataires : logistique, levage, maintenance, sous-traitance spécialisée. La montée en gamme environnementale de Sarens dans le Cotentin s’inscrit donc dans une dynamique plus large de transformation des écosystèmes industriels régionaux.

Quels impacts pour les directeurs d’usine et de sites industriels ?

Pour un Directeur Industrie ou Usine, la décarbonation des grues Sarens dans le Cotentin a des conséquences concrètes dans la gestion quotidienne de ses projets et de ses investissements. Trois dimensions se distinguent particulièrement.

1. Intégrer le levage dans la stratégie bas carbone du site

De plus en plus, les grands groupes comme les ETI industrielles construisent une trajectoire carbone détaillée, incluant les émissions directes (Scope 1) et les émissions indirectes (Scope 3, prestataires, transport, intrants). Le levage et la manutention, longtemps considérés comme des postes incompressibles, deviennent un levier d’optimisation.

En intégrant dans les cahiers des charges des exigences telles que :

  • utilisation prioritaire de grues électriques, hybrides ou alimentées par E-Pack,
  • mesure et reporting des émissions de CO2 par opération de levage,
  • utilisation de biocarburants lorsque l’électrique n’est pas possible,

les directions industrielles peuvent réduire de plusieurs dizaines de pourcents les émissions associées aux grandes opérations de levage sur la durée de vie d’un projet. Ces gains deviennent d’autant plus stratégiques que les aides publiques et certains financements privés intègrent désormais des indicateurs carbone dans leurs critères d’octroi.

2. Sécuriser la conformité réglementaire et l’acceptabilité locale

Les sites du Cotentin sont régulièrement au cœur de discussions publiques sur la place du nucléaire, des grands chantiers et des infrastructures industrielles. La capacité à démontrer l’usage de solutions de levage bas carbone renforce l’acceptabilité des projets auprès des élus, des riverains et des comités de suivi.

Dans certains secteurs, les autorités imposent déjà des contraintes sur les émissions d’engins non routiers, en particulier pour les opérations longues ou réalisées en milieu urbain ou littoral sensible. La transition vers des grues décarbonées permet d’anticiper ces contraintes, d’éviter des réorganisations tardives de chantier et de limiter les risques de retard liés à des restrictions environnementales.

3. Maîtriser les coûts d’exploitation à moyen terme

Si l’investissement initial dans des grues électriques ou hybrides est plus élevé, les retours d’expérience européens montrent que les coûts d’exploitation (carburant, maintenance, logistique de ravitaillement) peuvent être significativement réduits sur la durée de vie de l’équipement. Pour les clients industriels, cela se traduit, à terme, par :

  • une meilleure prévisibilité des coûts de location sur des contrats pluriannuels,
  • des opportunités de mutualisation des infrastructures électriques de chantier avec d’autres usages (base vie, outillage, charge de véhicules),
  • une réduction des temps d’arrêt liés à la maintenance lourde des moteurs thermiques.

À l’échelle du Cotentin, où plusieurs grands chantiers vont se chevaucher d’ici la fin de la décennie, ces gains de productivité et de stabilité de coûts peuvent peser lourd dans l’équation économique globale.

Une dynamique qui touche aussi les autres acteurs du levage

Le mouvement engagé par Sarens dans le Cotentin s’inscrit dans une tendance plus large du secteur du levage. Les constructeurs de grues – Liebherr, Tadano, XCMG, Spierings, entre autres – multiplient les annonces de modèles hybrides ou 100 % électriques. Certains fabricants ont d’ores et déjà présenté des grues tout-terrain entièrement électriques, avec des performances équivalentes à leurs équivalents diesel sur des portées de plusieurs dizaines de mètres.

Pour les entreprises de levage comme pour leurs clients industriels, cette évolution oblige à repenser :

  • la planification des chantiers (alimentation électrique, postes de transformation temporaires, raccordements),
  • les compétences nécessaires en interne (électrotechnique, gestion de l’énergie, supervision numérique de flotte),
  • les outils de pilotage (indicateurs carbone, taux d’utilisation des modes électriques, suivi des consommations).

Pour suivre ces évolutions techniques, les décideurs peuvent s’appuyer sur des ressources professionnelles comme le site du JDL Groupe dédié au levage et à la manutention, qui relaient régulièrement les innovations en matière de grues et d’engins décarbonés.

Perspectives pour le Cotentin et la façade Manche

À moyen terme, la décarbonation des grues Sarens dans le Cotentin pourrait constituer un élément clé de l’attractivité industrielle de la région. Entre les chantiers nucléaires, les futurs projets d’énergies marines renouvelables et le développement des activités portuaires, la capacité du territoire à proposer des solutions de levage bas carbone sera observée de près par les investisseurs, les constructeurs et les grands donneurs d’ordre européens.

Pour les directions d’usine et de sites industriels, l’enjeu est désormais d’intégrer très tôt la question du levage décarboné dans la conception de leurs projets : études d’exécution, cahiers des charges, infrastructures électriques, scénarios logistiques, trajectoires RSE. Ceux qui auront anticipé ces sujets pourront non seulement réduire leur empreinte carbone, mais aussi sécuriser leurs plannings et optimiser leurs coûts dans un environnement réglementaire et énergétique de plus en plus exigeant.

Le mouvement est lancé : à mesure que les premières grues décarbonées Sarens seront visibles sur les chantiers du Cotentin, la question ne sera plus de savoir si le levage lourd doit se transformer, mais à quel rythme chaque industriel choisira de l’intégrer dans sa propre stratégie de transition.