LOUIS DUPONT

Bourgogne‑Franche‑Comté : lemarché du travail se détériore au 3e trimestre 2025

Publié le 23/01/2026
File d'attente devant un bureau d'emploi en Bourgogne‑Franche‑Comté, ciel couvert

Marché du travail Bourgogne‑Franche‑Comté : la note de conjoncture publiée en janvier 2026 par l’Insee confirme une nouvelle dégradation au 3e trimestre 2025, marquée par un recul de l’emploi salarié et une hausse du chômage régional. Les données régionales montrent des pertes dans l’intérim et la construction, tandis que quelques sous‑secteurs industriels résistent. Ce bilan chiffré et ses implications opérationnelles sont essentiels pour les DRH et décideurs locaux.

Chiffres clés du 3e trimestre 2025

Selon l’Insee, la Bourgogne‑Franche‑Comté comptait environ 989 400 emplois salariés fin septembre 2025, en recul trimestriel de -0,3%. Le taux de chômage régional s’établit à 6,9% au 3e trimestre 2025, contre 7,7% au niveau national sur la même période. L’intérim recule de -1,9% et la construction de -0,2% sur le trimestre.

Ces chiffres sont détaillés dans la note Insee : Le marché du travail se dégrade de nouveau au troisième trimestre 2025.

Secteurs et territoires les plus affectés

La détérioration n’est pas homogène. L’intérim et la construction affichent des baisses nettes d’effectifs. L’industrie, notamment la fabrication de matériels de transport, subit une érosion (estimée à environ -0,8% sur certains postes), avec des répercussions notables dans le Doubs et le Territoire de Belfort.

Départements en tension

Plusieurs départements montrent une hausse du nombre de demandeurs d’emploi : le Doubs et la Côte‑d’Or sont cités parmi les plus touchés, en lien avec la contraction d’activités industrielles et un moindre dynamisme du travail frontalier. Les zones plus rurales connaissent elles aussi des fragilités, souvent liées à la tertiarisation limitée et à l’emploi saisonnier.

Sous‑secteurs qui tiennent

En contrepoint, l’industrie agro‑alimentaire et quelques services de proximité restent créateurs nets d’emploi (+0,6% dans certains établissements du bassin), traduisant une polarisation de l’emploi régional autour de niches industrielles et de services essentiels.

Facteurs explicatifs de la dégradation

Plusieurs causes conjoncturelles et structurelles expliquent la tendance :

  • Effets calendaires : un calendrier agricole (vendanges) précoce en 2025 a réduit le nombre d’emplois mesurés fin septembre dans l’agriculture.
  • Resserrement conjoncturel : moindre recours à l’intérim et à l’embauche en CDI dans les secteurs marchands, signe d’une prudence accrue des employeurs.
  • Transformations industrielles : réajustements dans la filière mobilité/transport, avec impacts sur l’emploi local.

La Dreets a relayé la note régionale et fourni un PDF d’accompagnement qui détaille ces éléments : données et note DREETS.

Impacts pour les entreprises et directions RH

Pour les DRH, la conjoncture se traduit par des enjeux concrets :

  • Gestion des effectifs : adaptation des plans de recrutement et des politiques de turnover, avec un besoin accru d’anticipation des postes clés.
  • Formation et reconversion : montée en pertinence des dispositifs internes de reconversion pour sécuriser les compétences face aux mutations sectorielles.
  • Pression sur la masse salariale : possible modération salariale à court terme et recours à des contrats modulés (temps partiel, CDD) selon la demande.

Les entreprises locales doivent aussi intégrer les signaux de tension territoriaux — par exemple, les bassins industriels du Doubs — pour ajuster leurs politiques de mobilité et d’attraction des talents.

Exemples opérationnels

Quelques mesures concrètes recommandées pour les DRH : renforcer le dialogue social sur l’évolution des compétences, déployer des parcours de formation courte (400–800 heures) liés aux métiers en tension, et anticiper les besoins de recrutement par une cartographie semestrielle des emplois critiques.

Actions publiques et dispositifs régionaux

Les acteurs publics mobilisés (préfecture, DREETS, Pôle emploi) mettent en avant des actions d’accompagnement : aides à l’embauche ciblées, dispositifs de formation cofinancés et accompagnement des entreprises en difficulté. Les observatoires régionaux mettent à jour leurs séries et publient des analyses pour alimenter les décisions locales. Voir l’Observatoire France Travail pour les séries départementales : observatoire France Travail BFC.

Au plan national, la rotation sectorielle (croissance sans création nette d’emplois) reste une contrainte : la productivité augmente plus vite que l’emploi dans plusieurs branches, freinant la transmission de la croissance aux effectifs salariés.

Prévisions à court terme et enseignements

La note Insee ne prédit pas de reprise forte immédiate : les signes de stabilisation possibles dépendront du 4e trimestre 2025 et des politiques d’investissement local. Parmi les points à suivre dans les prochaines publications :

  • évolution de l’intérim au T4 2025 ;
  • tendance des créations nettes d’emploi dans l’industrie agro‑alimentaire et la logistique ;
  • impact des plans de soutien régionaux et des programmes de formation investis fin 2025‑2026.

Points à surveiller par les DRH et décideurs

Sur la base des éléments de conjoncture, voici une check‑list prioritaire pour les DRH :

  1. Cartographier les postes critiques (top 20%) et vérifier les risques de départs.
  2. Renforcer les partenariats locaux (missions locales, centres de formation) pour accélérer les recrutements qualifiés.
  3. Prévoir des bilans de compétences et plans de mobilité interne sur 12 mois.
  4. Suivre de près les publications trimestrielles (Insee, DREETS, Pôle emploi) pour ajuster la stratégie.

Pour accéder aux données chiffrées régionales et départementales, la note Insee fournit tableaux et séries détaillées : consulter la note Insee T3 2025.

Ressources complémentaires et veille

Pour approfondir les chiffres et suivre l’actualité locale, on peut consulter :

  • La publication DREETS Bourgogne‑Franche‑Comté qui relaie les analyses régionales et précisions méthodologiques (PDF DREETS T3 2025).
  • L’observatoire régional France Travail pour les séries DEFM et STMT (tableaux départementaux et chroniques récentes) : observatoire France Travail BFC.

Derniers conseils pour piloter en période d’incertitude

Face à la dégradation mesurée du marché du travail Bourgogne‑Franche‑Comté, les directions RH doivent combiner anticipation, formation et pilotage fin des compétences. Une stratégie proactive — cartographie des risques, formation ciblée, dialogue social — réduira l’impact à moyen terme et préparera l’entreprise à saisir les premières bulles de reprise sectorielle.

À suivre : la parution des chiffres du 4e trimestre 2025 (fin janvier‑février 2026) qui permettra de confirmer si la tendance observée se stabilise ou s’accentue.