demandeurs d’emploi Bourgogne‑Franche‑Comté : le quatrième trimestre 2025 marque une inflexion sensible de la courbe de l’emploi régional, avec une hausse de la catégorie A de +3,8 % et 113 420 inscrits en catégorie A sur la période. Pour un directeur administratif et financier, cette donnée n’est pas neutre : elle influence les provisions sociales, la gestion des coûts salariaux et les risques liés aux relations fournisseurs et aux dispositifs d’accompagnement. Les prochaines parties détaillent les chiffres, les dossiers d’entreprises locales et les actions à prioriser.
Chiffres clés et lecture pour la direction financière
Selon la note conjointe DREETS / France Travail (T4 2025), la région compte en moyenne 207 610 inscrits A,B,C sur le trimestre et 232 910 inscrits A à E. La hausse de la catégorie A (+3,8 %) est la donnée la plus saillante. Concrètement pour un DAF :
- Provisionnement : prévoir une révision des provisions liées aux charges sociales et des budgets formation/recrutement (augmentation possible des coûts unitaires de remplacement ou d’intérim).
- Dialogue social : renforcer le pilotage RH, anticiper des négociations salariales ou des plans d’accompagnement.
- Risques fournisseurs : surveiller la solvabilité des sous-traitants (horlogerie, textile, commerce), souvent révélée par des procédures judiciaires récentes.
Cas pratiques récents : Fralsen (Besançon) et le risque sur la chaîne locale
Le site microtechnique/horloger Fralsen (Besançon) a été placé en redressement judiciaire et fait l’objet d’un appel à candidatures pour une reprise, avec une date limite de dépôt d’offres renseignée au 16/02/2026. Le volume d’emploi estimé sur le site est d’environ 68–75 salariés et le chiffre d’affaires communiqué tourne autour de 6,6–7,5 M€. Les implications pour un DAF sont multiples :
- Exposition client/fournisseur : identifier les contrats critiques (délais, pénalités, garanties) et préparer des plans de continuité.
- Actifs et reprises : évaluer la valeur des actifs et la possibilité de réinternaliser ou diversifier les sources d’approvisionnement.
- Trésorerie : anticiper un éventuel allongement des délais de paiement ou une hausse des besoins en fonds de roulement (BFR) si la sous-traitance locale est interrompue.
Pour plus d’informations sur la procédure et les modalités de reprise, le lecteur pourra consulter l’annonce opérationnelle disponible localement : annonce recherche de repreneurs pour Fralsen.
Infrastructures numériques : lancement d’une offre 10 Gb/s B2B
Sur l’offre numérique, l’opérateur régional Netalis a lancé fin janvier 2026 une offre dédiée FTTO 10 Gb/s, « 10 GigaLink », destinée aux entreprises et collectivités. L’offre propose des débits symétriques, une GTR courte (GTR 4h ouvrées) et des engagements commerciaux encadrés. Pour un DAF, deux scénarios se présentent :
- Modernisation SI : migration vers des services cloud plus robustes, renforcement des sauvegardes et réduction des risques d’interruption, ce qui peut entraîner un arbitrage CAPEX/OPEX.
- Optimisation des coûts : négociation de contrats multisites, consolidation des liaisons et évaluation du ROI (retour sur investissement) en fonction des gains de productivité et des risques évités.
Les détails de l’offre et des zones de couverture sont consultables sur le communiqué de l’opérateur : communiqué Netalis 10 GigaLink. L’adoption d’une liaison 10 Gb/s doit faire l’objet d’une étude coûts/bénéfices (SLA, sécurité, redondance).
Risques sectoriels : le retail et l’habillement
Le groupe IDKIDS (marque Okaïdi) a demandé fin janvier 2026 l’ouverture d’une procédure pour ses activités France, ce qui concerne environ 2 000 emplois à l’échelle nationale et une quinzaine de points de vente en Bourgogne‑Franche‑Comté. Ce type d’événement pèse sur :
- Les bailleurs : risque de vacance locative et renégociation de baux.
- Les distributeurs locaux : stocks bloqués, créances clients à recouvrer.
- Les prestataires logistiques : affectation des volumes et contrats de sous-traitance.
Article de synthèse et suivi disponibles ici : dossier IDKIDS / Okaïdi (Boursorama).
Outils de soutien et leviers financiers
La médiation du crédit et les dispositifs bancaires ont montré leur efficacité : en 2025, la médiation a permis de préserver plus de 5 100 emplois au niveau national, et la presse régionale rapporte ~240 emplois sauvés en Bourgogne‑Franche‑Comté. Pour un DAF confronté à un stress de trésorerie, les démarches suivantes sont recommandées :
- Activer une revue complète du BFR (encaissements, stocks, dettes fournisseurs).
- Engager un dialogue proactif avec les banques et la médiation du crédit (Banque de France) pour négocier rééchelonnement ou lignes de trésorerie. Voir le communiqué de la Banque de France sur la médiation 2025.
- Prioriser les fournisseurs critiques et définir des scénarios de substitution à court terme.
- Préparer des plans de communication pour salariés, clients et partenaires financiers.
Checklist opérationnelle pour le DAF (priorités à 30/60/90 jours)
Voici une checklist opérationnelle et pragmatique à mettre en œuvre immédiatement :
- 30 jours : cartographie des fournisseurs critiques, revue des échéances bancaires, audit des contrats de service essentiels (SI, maintenance, énergie).
- 60 jours : simulations de trésorerie et stress tests BFR, négociation de conditions fournisseurs, renforcement des clauses SLA pour les liaisons réseau.
- 90 jours : mise en place de plans de continuité opérationnelle, arbitrages CAPEX/OPEX sur connectivité (ex. 10 Gb/s), préparation de scénarios de reprise pour sites affectés.
Remarques méthodologiques et points de vigilance
Plusieurs éléments méthodologiques sont à garder à l’esprit :
- Les statistiques de demandeurs d’emploi doivent être lues en distinguant les comparaisons trimestrielles et annuelles ; la communication officielle DREETS fournit les séries détaillées et les méthodologies (voir la note DREETS).
- Les annonces de reprise (Fralsen) évoluent rapidement : suivre les parutions du tribunal de commerce et les appels à candidatures pour évaluer les chances de maintien d’activité.
- Pour l’offre 10 Gb/s, vérifier l’existence de garanties contractuelles et la couverture effective sur les sites industriels critiques avant tout arbitrage budgétaire.
Points de surveillance à moyen terme (6–12 mois)
Sur le horizon 6–12 mois, le DAF doit surveiller :
- La stabilisation ou la poursuite de la hausse des demandeurs d’emploi et ses conséquences sur les politiques publiques locales (aides à l’emploi, subventions emploi‑formation).
- L’évolution des filières industrielles locales (microtechnique, horlogerie, textile) et les relocalisations ou délocalisations éventuelles.
- L’adoption par les entreprises régionales de solutions numériques haut débit et l’impact sur les dépenses IT.
Ressources et lectures utiles
Pour approfondir les sujets traités :
- Note DREETS / France Travail (T4 2025) — séries et méthodologie.
- Communiqué Netalis sur l’offre 10 GigaLink — spécifications et zones couvertes.
- Annonce de recherche de repreneurs pour Fralsen — dossier et modalités.
- Dossier IDKIDS / Okaïdi (Boursorama) — enjeux retail.
- Communiqué Banque de France — médiation du crédit 2025.
Axes d’action recommandés pour le DAF
En synthèse, les priorités opérationnelles pour un directeur financier en Bourgogne‑Franche‑Comté sont :
- Renforcer la surveillance des indicateurs RH et financiers (inscrits à France Travail, créances clients, trésorerie).
- Activer des leviers de gestion du BFR et de financement (médiation du crédit, renégociation bancaire).
- Anticiper des plans de continuité pour sites critiques et évaluer la valeur des contrats fournisseurs.
- Évaluer opportunités technologiques (ex. 10 Gb/s) en mode ROI et en ensemble avec la DSI.
Prochaine étape pratique
Organiser, sous 10–15 jours, une réunion transversale (finance, RH, achats, DSI) pour : (i) valider la cartographie fournisseurs critiques ; (ii) lancer un stress test de trésorerie à 90 jours ; (iii) prioriser les engagements commerciaux à sécuriser. Un tel pilotage pragmatique permet d’anticiper les impacts de la hausse des demandeurs d’emploi et des tensions sectorielles, tout en convertissant les opportunités (connectivité, réorganisations) en gains durables.
