LOUIS DUPONT

Étude Altares :Défaillances et sauvegardes d’entreprises – Bilan 2025

Publié le 17/02/2026

L’industrie manufacturière fait face à une sinistralité historique. Ce rapport analyse les leviers de management de transition pour sécuriser l’activité des PME-ETI sous pression.

L’urgence managériale : Le diagnostic Altares

En 2025, 69 957 défaillances ont été enregistrées. L’industrie manufacturière est particulièrement exposée, concentrant 21 % des défaillances de PME-ETI de plus de 100 salariés, alors qu’elle pèse moins de 4 % de la démographie des entreprises.

État des lieux : Un secteur industriel sous pression systémique

L’année 2025 s’est achevée sur un niveau de sinistralité historique avec 69 957 défaillances enregistrées sur l’ensemble du territoire. Si le rythme de croissance des procédures semble ralentir en fin d’année (+1,7 % au 4e trimestre contre +10 % en 2024), l’industrie manufacturière demeure l’un des points de vigilance majeurs de l’économie française.

  • Une surreprésentation critique des PME-ETI : Les structures d’au moins 100 salariés voient leur sinistralité bondir de 18,6 % sur l’année.
  • Dynamique trimestrielle : Au 4e trimestre 2025, le secteur industriel a enregistré 1 185 ouvertures de procédures (+4,7 %).
  • Impact social : 267 200 salariés et dirigeants voient leur emploi menacé, soit 11 000 de plus qu’en 2024.

Analyse segmentée : Les foyers d’instabilité

Le rapport Altares met en évidence des disparités violentes selon les filières industrielles :

  • La Mécanique Industrielle en zone rouge : Explosion des défaillances de 68 % au 4e trimestre. C’est le secteur le plus dégradé.
  • Le Textile et l’Habillement : La fabrication de vêtements subit une évolution sévère de +20 %.
  • La Construction et ses dérivés : Fragilité sur la couverture (+17 %) et la charpente (+10 %).
  • Signaux de résilience : L’agroalimentaire résiste (+2,2 %) et la fabrication de structures métalliques recule de 24 %.

Les vecteurs de défaillance

L’analyse de Thierry Millon identifie trois causes racines :

  1. Dérive du BFR et Retards de Paiement : Le retard moyen a dépassé les 14 jours, étranglant les trésoreries.
  2. Faiblesses Logistiques : Des « Supply Chain peu résilientes » qui désorganisent la production.
  3. Chocs Réglementaires et Énergétiques : Hausse des coûts et impact du Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF).

Management de Transition et Sauvegarde de l’Activité

Le rapport souligne un point crucial : 90 % des PME-ETI anticipent désormais leurs difficultés et privilégient le redressement judiciaire (75 %) ou la sauvegarde (14 %). Le manager de transition intervient comme le pilote de ces phases de mutation.

Problématique identifiéeImpact sur la performance industrielleMission type du Manager de Transition
Sinistralité record en Mécanique (+68 %)Dérive des coûts directs et perte de rentabilité.Directeur Industriel : Audit flash, optimisation du TRS et réduction des rebuts.
Supply Chain « peu résiliente »Ruptures de flux et retards de livraison.Directeur Supply Chain : Sécurisation des flux et refonte du S&OP.
Retards de paiement > 14 joursRisque de rupture de cash.CFO / Manager de Crise : Cash-pooling et renégociation de la dette.
Contraintes MACFPerte de compétitivité internationale.Manager de Transformation : Pivot stratégique vers des process bas-carbone.
Tensions sur les ETI (+18,6 %)Risque de désengagement des actionnaires.DG de Transition : Pilotage du plan de retournement.

Business Case : Apport du management de transition

Contexte : Les données Altares 2026 confirment que l’industrie manufacturière ne souffre pas d’un manque de carnet de commandes, mais d’une incapacité à absorber les chocs exogènes (énergie, logistique, réglementation).

Solution : Le recours au management de transition permet d’injecter une compétence « commando ».Résultat : Restauration de la résilience opérationnelle et financière avant que le point de non-retour ne soit atteint.

FAQ

Pourquoi le secteur de la mécanique est-il le plus touché ? Il subit de plein fouet la dérive des coûts directs et l’obsolescence industrielle, avec une hausse de 68 % des défaillances fin 2025.

Quel est l’intérêt de la sauvegarde pour une PME-ETI ? Cela permet d’anticiper les difficultés. 90 % des entreprises utilisent désormais ces outils pour éviter la liquidation directe.

Comment le manager de transition aide-t-il face aux retards de paiement ? En prenant la direction financière ou de crise pour piloter serré le crédit management et renégocier les dettes bancaires.