L’industrie française fait face à une tempête parfaite : inflation persistante des matières premières, explosion des coûts de l’énergie et pression déloyale des distributeurs. Vous voyez votre EBITDA s’effriter malgré un carnet de commandes rempli ? Cet article décrypte les stratégies de survie et de rebond des usines qui réussissent à maintenir leur ROI. Le manager de transition est là pour prendre relais sur vos enjeux industriels.
Le constat : Une rentabilité industrielle sous perfusion
Dans les branches industrielles les plus énergivores (sidérurgie, fabrication de pâte à papier, verre et produits chimiques de base) la production reste fin 2024 très en deçà de son niveau de mi-2021 : -24 % dans la sidérurgie, -20 % dans la fabrication de verre, -15 % dans la fabrication de produits chimiques de base et -12 % dans la fabrication de pâte à papier.
En 2023, les entreprises et administrations ont dépensé 230 milliards d’euros pour satisfaire leurs besoins en énergie. Le prix de l’électricité hors TVA pour les entreprises a atteint 165 €/MWh en 2024, après deux années de très forte hausse.

Le problème ? La répercussion des coûts sur les prix de vente est quasi impossible face à des distributeurs qui exigent des baisses de tarifs. La FNSEA et les associations d’industriels alertent sur une pression tarifaire à la baisse de la part de la grande distribution qui se concentre principalement sur le prix de la matière première. Le taux de marge des sociétés non financières s’est replié fin 2024, notamment dans l’industrie, pénalisée par une progression limitée des prix de valeur ajoutée et un repli de la production. Résultat : l’effet ciseau broie les marges.
Les leviers d’action : Comment s’en sortent les usines performantes ? Comment un lmanager de transition peut aider ?
Pour ne pas subir, les directions industrielles doivent passer d’une gestion comptable à une opérationnalité immédiate. Voici les trois piliers activés par les leaders :
1. L’efficacité énergétique comme KPI de production
La consommation finale énergétique de l’industrie s’établit à 285 TWh en 2024, avec une baisse annuelle moyenne de -1,6 % depuis 2011. Il ne s’agit plus de négocier le contrat d’énergie, mais de réduire la consommation à la source. Les usines qui s’en sortent ont intégré le coût du kWh directement dans leur coût de revient par unité, permettant un arbitrage en temps réel des lignes de production les plus gourmandes.
2. La renégociation agile et la transparence des coûts
Les négociations entre grande distribution et industriels s’achèvent dans un climat tendu, dans un contexte marqué par la crise agricole, traduisant les difficultés à peser efficacement sur les acteurs de la distribution. Face aux distributeurs, la posture change. Les usines utilisent désormais des « clauses d’indexation » dynamiques basées sur des indices réels (matières, énergie). C’est ici que l’urgence managériale intervient pour transformer la relation commerciale en partenariat technique.
3. La lutte contre le gaspillage et la non-qualité
De nombreuses études montrent que la méthode SMED permet de réduire les temps de changement de série de 30 à 40 %, avec des réductions pouvant atteindre 94 % en moyenne grâce à une démarche structurée. Chaque kilo de matière perdue est aujourd’hui une perte sèche insupportable. Le retour massif aux méthodes Lean (SMED, 5S) permet de dégager de l’oxygène financier sans investissement lourd.
Business Case : Le Management de Transition comme bouclier financier
Un groupe agroalimentaire voyait ses marges fondre de 4% par mois à cause de l’envolée du gaz et des emballages. En faisant appel à un Manager de Transition, le site a pu :
- Réaliser un audit flash des pertes thermiques en 15 jours.
- Renégocier les contrats de transport et optimiser le remplissage des camions.
- Réaligner le planning de production sur les heures creuses énergétiques.
Résultat : Un point mort abaissé de 12% et une trésorerie stabilisée en moins de 3 mois. Le coût de l’expert a été rentabilisé dès le premier mois grâce au ROI généré par les économies d’énergie.
Sources principales utilisées :
- INSEE : Études sur la production industrielle, les prix de l’énergie et les marges des entreprises (2024-2025)
- SDES (Service des données et études statistiques) : Chiffres clés de l’énergie édition 2024-2025
- OFCE : Prévisions économiques sur l’investissement industriel 2025
- Banque de France : Situation financière des PME et ETI en 2024