LOUIS DUPONT

Ce qui changepour le travail et l’emploi au 1er janvier 2026 en Normandie

Publié le 23/01/2026
DRH normand révisant la paie sur ordinateur avec bulletins et calendrier 1er janvier 2026

changement emploi 1er janvier 2026 : au 1er janvier 2026, un ensemble de mesures réglementaires et fiscales modifie des paramètres clés de la paie et de la gestion des ressources humaines. Pour les DRH normands, ces changements imposent des mises à jour immédiates des bulletins de paie, des simulations de masse salariale et des pratiques de dialogue social. Ce rappel opérationnel synthétise les décisions essentielles à connaître et les actions prioritaires à mener en entreprise.

Principales mesures entrées en vigueur

Plusieurs mesures ont été publiées ou rappelées début 2026. Parmi les plus significatives : la revalorisation du SMIC, la transformation des allègements de cotisations, la revalorisation du plafond de la sécurité sociale, des évolutions sur le dialogue social et des ajustements des aides à l’apprentissage et de la gratification des stagiaires.

SMIC : montants et impacts

Le SMIC a été revalorisé automatiquement au 1er janvier 2026. Le taux horaire brut est désormais fixé à 12,02 € (soit environ 1 823,03 € brut mensuel pour 35 heures). Cette hausse, d’environ +1,18 % par rapport à 2025, entraîne une augmentation immédiate des coûts salariaux pour les emplois rémunérés au plus près du plancher légal et oblige les DRH à vérifier la conformité des grilles internes et minima conventionnels.

Plafond de la Sécurité sociale

Le plafond de la sécurité sociale a été revalorisé pour 2026 : le plafond mensuel passe à 4 005 € (plafond annuel ≈ 48 060 €). Cette évolution affecte le calcul des cotisations plafonnées, des indemnités et des plafonnements des retraites et doit être intégrée aux paramétrages paie.

Refonte des allègements de cotisations : ce qu’il faut savoir

La réduction générale des cotisations patronales, historiquement complexe, a été transformée en une réduction générale dégressive unique (RGDU) applicable sur les rémunérations inférieures à 3 SMIC. La nouvelle formule modifie les seuils et la progressivité des exonérations. Pour les équipes paie, cela implique :

  • une vérification fine des paramétrages SIRH et des scripts de calcul ;
  • la réalisation d’une simulation d’impact masse salariale sur 12 mois ;
  • la documentation des cas particuliers (heures supplémentaires, primes, congés payés intégrés).

Pour approfondir la mécanique de calcul, les DRH peuvent consulter une note explicative, par exemple la fiche technique disponible sur la présentation de la RGDU par Éditions Tissot.

Évolutions des cotisations et du coût employeur

Outre la RGDU, certains taux de cotisations ont été ajustés : la cotisation vieillesse déplafonnée a été légèrement relevée et les taux AT‑MP continuent d’évoluer selon la typologie d’activité et le sinistralité. Ces variations peuvent paraître faibles (dixièmes de point) mais, cumulées, elles modifient sensiblement le coût global du travail et doivent être intégrées dans les prévisions budgétaires 2026.

Actions concrètes pour les DRH et responsables paie

  • Mettre à jour les taux et plafonds dans votre logiciel paie avant la première paie 2026.
  • Re-lancer une simulation de masse salariale annuelle en tenant compte du SMIC et de la RGDU.
  • Vérifier l’impact sur les coûts indirects (cotisations patronales, cotisations sociales salariales si relevé de plafond).

Dialogue social, formation et reconversion

La loi de transposition des accords nationaux interprofessionnels (ANI) sur l’emploi des salariés expérimentés et l’évolution du dialogue social a introduit des obligations nouvelles : planification des négociations au niveau d’entreprise/branche, renforcement des dispositifs de reconversion et création d’un motif de CDD spécifique « de reconversion ». Les DRH doivent donc anticiper la concertation avec les IRP, adapter les accords d’entreprise et intégrer ces dispositifs dans le parcours professionnel des salariés.

Ces évolutions visent à favoriser la mobilité interne et la reconversion professionnelle, mais elles requièrent un pilotage RH précis : mise à jour des accords, cartographie des emplois sensibles et allocation des ressources formation.

Aides à l’apprentissage et statut des stagiaires

Les aides à l’embauche d’apprentis ont été redéfinies : elles ciblent prioritairement les entreprises de moins de 250 salariés, avec des montants variables selon le niveau de diplôme préparé (montants indicatifs : 5 000 € la 1ère année pour certains niveaux, majorations en cas de handicap). Parallèlement, la gratification minimale des stagiaires a été réévaluée (référence partielle au plafond horaire de la Sécurité sociale), entraînant une hausse des obligations pour les employeurs accueillant des stagiaires.

Les DRH doivent mettre à jour les conventions, vérifier les montants versés et s’assurer de l’éligibilité aux aides. Pour les modalités régionales, la DREETS Normandie publie des fiches pratiques utiles pour la mise en conformité locale.

Impacts opérationnels priorisés pour les DRH normands

À court terme, la checklist opérationnelle pour les DRH inclut :

  • Paramétrage paie : intégrer SMIC, RGDU, nouveaux plafonds et taux dans le SIRH ;
  • Communication interne : informer managers et salariés des impacts sur salaires et parcours ;
  • Dialogue social : planifier les négociations et réviser les accords d’entreprise ;
  • Budget : recalculer la masse salariale prévisionnelle et simuler les scénarios d’embauche ;
  • Alternance et stages : vérifier l’éligibilité aux aides et ajuster les gratifications stagiaires.

Exemple chiffré

Pour une PME normande de 50 salariés dont 10 rémunérés au niveau du SMIC : l’augmentation du SMIC de 1,18 % combinée à un ajustement partiel des cotisations peut représenter une hausse de la masse salariale brute de l’ordre de 0,8 % à 1,4 % sur l’année selon la structure des rémunérations et l’application de la RGDU. Ces ordres de grandeur doivent être affinés par simulation.

Points de vigilance et recommandations

Quelques points de vigilance pratiques :

  • Vérifier les paramétrages liés aux primes, heures complémentaires et rémunérations annexes pour éviter des anomalies de calcul RGDU.
  • Archiver les simulations et communications internes relatives à la mise en œuvre des mesures (utile en cas de contrôle URSSAF).
  • Mettre en place un tableau de bord RH 2026 intégrant les nouveaux plafonds et taux pour suivre l’impact mensuel.

Ressources et liens utiles

Pour aller plus loin et obtenir les textes officiels et fiches pratiques, consultez notamment :

Perspectives et ouverture

Les mesures de début 2026 modifient à la fois la mécanique de calcul de la paie et les obligations sociales et de négociation. Pour les DRH normands, il s’agit d’un passage opérationnel clé : la réussite dépendra de la qualité des paramétrages, de la communication interne et de l’anticipation des négociations avec les instances représentatives. À moyen terme, il convient de suivre l’évolution des accords de branche et des circulaires ministérielles pour ajuster les politiques de rémunération, d’alternance et de développement des compétences.